Alberto Moravia (1907-1990)

Alberto Pincherle (qui adopta le nom de sa grand-mère, Moravia) est né à Rome en 1907. Son père est architecte d’origine vénitienne et de confession juive, et sa mère est catholique d’origine dalmate. Il est le deuxième des quatre enfants d’un couple qui n’était pas un modèle d’amour conjugal.

À l’âge de 9 ans, Alberto Moravia est atteint de tuberculose osseuse, ce qui l’immobilise pendant huit années et l’empêche de suivre ses études. Il séjourne dans des sanatoriums durant deux ans. Cela lui laissera de profondes séquelles. Durant cette période, il lit Shakespeare, Molière, Goldoni, Marcel Proust, Arthur Rimbaud, Dostoïevski.

Il écrit à partir de ses 18 ans son premier roman, « Les Indifférents », dans le sanatorium de Bressanone, au nord de l’Italie. L’ouvrage est publié à compte d’auteur. Il s’agit d’un roman existentialiste avant la lettre qui restera la référence idéologique et littéraire la plus marquante de l’œuvre de Moravia. Le livre obtient un large succès mais crée un scandale en raison de la sévère description désenchantée de la bourgeoisie romaine.

En 1927, Moravia rencontre Corrado Alvaro et Massimo Bontempelli. Il commence sa carrière de journaliste au magazine 900.

À partir de 1930, il séjourne à Londres, Paris, New York et visite la Chine, la Grèce, l’Allemagne et le Mexique. Il voyage pour échapper, dit-il, à l’atmosphère étouffante du fascisme.

Son net antifascisme le rend suspect et les origines juives de son père contribuent à la précarité de sa situation.

En 1941, Moravia épouse Elsa Morante, qu’il quittera en 1962. Peu après son divorce, il partage sa vie avec une autre femme de lettres, Dacia Maraini.


Recherché par les fascistes à partir de 1943, Moravia s’enfuit de Rome et se réfugie dans les montagnes de la ville de Fondi, au nord de Naples où il séjournera neuf mois.

En mai 1944, Alberto Moravia retourne à Rome et commence à collaborer avec Corrado Alvaro, écrivant pour des journaux italiens de premier plan comme « Il Mondo » et « Il Corriere della Sera », pour lequel il continuera à écrire jusqu’à sa mort.

C’est le succès de «La Romana» (1947) qui lui apporte une certaine aisance matérielle et la consécration par la critique.

 En 1954, il publie « Le Mépris », qui décrit la préparation du tournage de L’Odyssée d’Homère par un producteur italien et un réalisateur autrichien. Le roman est adapté au cinéma en 1963 par Jean-Luc Godard, avec Brigitte Bardot et Michel Piccoli.

En 1984, Moravia est élu au Parlement européen, représentant le Parti communiste italien. Cette expérience, qui s’achève en 1988, est contée dans « Il Diario Europeo» (The European Diary).

En 1986, peu après la mort d’Elsa Morante en novembre 1985, il épouse Carmen Llera à qui est dédicacé son recueil de nouvelles « La Chose».

Le 26 septembre 1990, Alberto Moravia est retrouvé mort dans la baignoire de son appartement de Lungotevere, à Rome.

Il est aujourd’hui reconnu comme un des principaux romanciers italiens contemporains.

Source bibliographique :  notrecinema.com & lexpress.fr

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